[3A-LYON] Jade, étudiante partie en échange en Chine

26.10.2022

Je suis donc arrivée à Shanghai le premier septembre pour un voyage de presque 5 mois. Je suis entrée sur le territoire avec des idées préconçues sur la ville. Annoncée internationale et cosmopolite, je faisais pleinement confiance à mon anglais pour communiquer avec la population locale et m’aider à gérer la vie quotidienne sur place. Cependant, une heure après mon arrivée, une fois coincée à une station de métro j’ai découvert que mes attentes étaient bien loin de la réalité locale. En effet, la population shanghaienne parle très peu anglais et nos moyens de communication et de navigation habituels ne fonctionnent pas sur le territoire. Je devais m’adapter rapidement et laisser derrière mes acquis occidentaux qui ne fonctionneraient pas ici.

S’est donc enclenché un long processus d’adaptation, ou patience et traducteurs sont maîtres. J’avais téléchargé avant de partir l’inévitable WeChat (en premier lieu comme moyen de communication). La première semaine s’est vite transformée en parcours du combattant pour pouvoir réunir tous les éléments basiques pour construire ma vie à Shanghai. Recherche d’appartement, ouverture d’un compte en banque chinois, acquisition d’un numéro de téléphone chinois, enregistrement au poste de police, achat d’une carte de métro.

J’ai fait le choix de vivre en collocation dans le centre de la ville. En France j’avais pris contact, avec une communauté d’expatriés qui m’avait ajouté sur un groupe de logement sur Shanghai mais la ville suit un rythme effréné et les logements partent rapidement. J’ai préféré louer un Airbnb pendant une semaine le temps de trouver une chambre sur place. En passant par des agences locales et internationales, avec lesquelles j’ai pris contact grâce à WeChat, j’ai pu trouver une chambre dans un appartement avec deux chinois et un taïwanais. Il est très commun ici d’être déjà très engagé dans sa carrière professionnelle tout en vivant en collocation.

Une fois la chambre trouvée je devais ouvrir un compte en banque chinois pour pouvoir utiliser WeChatPay. En effet, la Chine est « cashless » depuis quelques années. Les cartes bancaires internationales (VISA, Mastercard) ne sont acceptées que dans les grandes enseignes et le liquide est très peu utilisé. Tout paiement se fait par QR Code : chez les commerçants, paiement de loyer, transactions entre amis, transports en commun… Il est préférable de se diriger vers de grandes banques dans lesquelles vous aurez plus de chance de trouver un conseiller parlant anglais.

Avoir un numéro de téléphone chinois est également indispensable pour pouvoir remplir tout document officiel. Avec l’aide et les instructions de mon banquier je me suis rendue à l’adresse indiquée, ai donné mon téléphone, attendu 30 minutes puis l’ai récupéré avec un opérateur chinois, sans savoir ce qui s’était passé.

L’une des plus grandes leçons que j’ai apprise ici est de laisser faire et lâcher prise. La plupart du temps, lorsque l’on utilise un service en Chine, à moins de parler chinois, on ne sait pas vraiment ce qu’il se passe, il nous sera seulement indiqué l’endroit où signer.

Et il n’y a pas vraiment d’autre moyens de le faire. Ce qu’il faut comprendre c’est que la Chine est relativement informelle et tout fonctionne grâce au bouche-à-oreille. En arrivant tout est compliqué puisqu’on ne dispose que d’une petite quantité d’informations mais avec le temps et les nouveaux contacts tout se facilite. Les Shanghaiens sont très accueillants et amicaux. Ils sont généralement très curieux et s’ils sont capables de parler anglais, il est possible d’avoir des conversations très intéressantes et enrichissantes. Une fois les premiers obstacles passés, et lorsque l’on a accepté l’idée de reprendre tous ses mécanismes, la vie à Shanghai, et plus généralement en Chine, est vraiment stimulante et enrichissante.

En ce qui concerne l’école, j’ai effectué mon échange à la Shanghai Second Polytechnic University (SSPU). La majorité des cours que j’avais sélectionnés portaient sur la Chine en général. Auxquels se sont ajoutées des matières plus conventionnelles comme le management ou la finance. C’était très enrichissant de pouvoir discuter du pays avec les professeurs lorsque l’environnement de la classe le permettait. La plupart des cours s’effectuent en petits effectifs, certains plus rares se tiennent dans de grandes classes. Les professeurs de l’université sont très accessibles et volontaires pour nous aider dans notre vie quotidienne. Nous avons eu plusieurs fois l’opportunité de partager un diner avec eux et souvent leur famille. Ces moments d’immersion sont uniques et une chance qui est bien moins commune en France. À côté de cela j'ai pu intégrer le club d'anglais et le club de débat de SSPU qui étaient pris en charge par un ami chinois. Je recommande vraiment ces expériences qui permettent de rencontrer des étudiants shanghaïens.

L’université est également le plus grand tremplin pour rencontrer d’autres étudiants, puisque nous sommes réunis deux fois par semaine avec tous les « exchange students » (présents pour un semestre) en cours de chinois et les résidents des dortoirs partagent le bâtiment avec les « international students » (présent pour plusieurs années). S’ajoute alors à l’expérience culturelle chinoise, celle de côtoyer au jour le jour des personnes provenant du monde entier avec lesquels nous pouvons échanger sur nos cultures respectives. Se rencontrer dans un contexte aussi spécial créé des relations très fortes et à défaut de ne plus avoir sa famille à ses côtés, on se constitue rapidement une famille d’amis.

Enfin, la Chine étant un magnifique pays et notre emploi du temps nous le permettant nous avons pu effectuer quelques voyages venant s’ajouter à l’offre culturelle déjà débordante de Shanghai. Nous avons voyagé à Hangzhou pour visiter le lac de l’Ouest, Huangshan où nous avons randonné sur les Monts Huang et nous avons également visité Beijing avec la Grande Muraille, la place Tiananmen, le Palais d’été... Voyager est très accessible, les auberges de jeunesse ne coûtent pas grand-chose et les trajets se font facilement en train ou en avion pour les grandes distances. Les réservations peuvent être effectuées directement depuis WeChat.

 

Cet échange était réellement enrichissant sur le plan personnel, cela m’a permis de mûrir et apprendre à m’adapter lorsque je suis hors de ma zone de confort. Rencontrer des personnes avec des idéaux différents m’a apporté de nouvelles perspectives. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir passer ces cinq mois en Chine et j’espère revenir sur le territoire très vite ! »

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